La route n’est pas toujours fleurie

Devant les images de ces radars sacrifiés en victimes expiatoires d’une colère anti-Etat, ma crainte serait que ce progrès (cet « acquis social » car s’en est un) soit perdu.

Ce petit film intéressant sur l’histoire de la pub en matière de sécurité routière éclairé par les commentaires avisés de Dominique Wolton nous remet les idées à l’endroit.
Rappel, 1972 : 18 000 tués sur les routes en France ! C’était l’équivalent de la population d’une ville comme le démontrait s une mise en scène spectaculaire du journal télévisé où toute la population de Mazamet était allongée dans des rues mortes ! La ceinture de sécurité fut rendue obligatoire l’année suivante. Grâce à d’autres mesures, aux limitations de vitesses, à l’amélioration des routes et des véhicules, à des campagnes plutôt réussies (« petit clic » ; « boire pu conduire »), la situation s’améliore sensiblement. En 25 ans, les progrès furent réels mais lents puisqu’à la fin des années 90, il y avait encore 9 000 tués par an sur nos routes.

Changement de ton de la communication en 1999 avec le film « sur la route fleurie » de Depardon. Puis en 2003, instauration des radars automatiques. Les résultats sont spectaculaires : en moins de dix ans, le nombre de tués sur les routes a été à nouveau divisé par deux : 3 800 morts l’année dernière.

Ce qu’on peut dire au regard des campagnes plus directes de ces dernières années, c’est que la communication aura joué un rôle majeur. Assez gentille dans les premiers temps, elle est devenue plus agressive, plus dérangeante, plus interpellante, plus efficace aussi. Elle a sensibilisé et aidé à la prise de conscience mais elle a aussi permis aussi que nous acceptions qu’un cadre plus contraignant s’impose car –  finalement – chacun comprenait bien qu’il fallait changer mais il était difficile de s’y résoudre. Et c’est donc l’instauration d’une répression acceptée au nom de l’intérêt général qui a permis un réel changement des comportements.

 

PS. En voyant, par ailleurs,

 

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One Response to “La route n’est pas toujours fleurie”

  1. Je suis tout-à-fait d’accord avec ce que vous écrivez. Mails il faut à mon sens lire cette question dans son contexte, à savoir l’impact convergent d’une multitude de mesures réglementaires et fiscales de l’Etat sur le portefeuille et le moral des français, confrontés à l’une des plus graves crises économiques de leur histoire.
    Le danger reste grand que le bébé – en l’occurrence une réelle avancée sociétale – soit jeté avec l’eau du bain, dans les mentalités.
    Il est clair que l’Etat sera tenté de revoir à la baisse le nombre de nouvelles installations de radar. Mais est-ce vraiment un mal? Une chose est sûre, je préfère encore davantage de radars que de voir se généraliser la limitation de vitesse dans les agglomérations à 30km/h, ce qui disqualifierait l’ensemble du dispositif préventif.

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